Unknown | Ft. Hugo
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Leyth H. Walsh
Apprenti Infirmier
Sam 17 Mar - 22:10

" Unknown "
-I-
“Coincidences give you opportunities to look more deeply into your existence.”
― Doug Dillon  


Adossé contre un arbre, tu lèves tes yeux vers le ciel bleu où le soleil trône au milieu de la voûte céleste offrant un peu de chaleur dans le froid persistant. Tu soupires, remontant ton écharpe au niveau de ta bouche, tes yeux océans voguant dans le jardin du village. Le manque de sommeil se fait sentir, tes yeux sont cernés, arabesques ornant tes iris bleutés, tu te passes une main sur le visage en te pinçant l'arête du nez. Ton mal de tête te compresse, il t'oppresse et s'enlise à l'intérieur de ton crâne, mais tu ne peux t'en prendre qu'à toi, Leyth, n'est-ce pas ?
Ce n'est que le retour des tes actes, les conséquences de tes conneries, après tout, tu dérives, Leyth, tu te noies,  tu bois la tasse et tes cauchemars s'entassent. Ton cœur s'érode et ton corps s'oxyde, tes os rouillent et ton âme s'effrite, mais tu le cherches, Leyth, probablement.
Tu as conscience de ce que tu fais et pourtant, ça te prend, ça te tord et tu pars en vrille parce que tu ne sais pas t'arrêter, Leyth, tu ne sais pas non plus faire autrement. Tu tombes dans une facilité sordide et malsaine, celle qui détruit plus qu'elle ne répare, celle qui anesthésie pendant qu'elle nous meurtrie et alors, Leyth, et alors quand on se réveille, la douleur n'en est que plus atroce. Parce que ça fait mal cette histoire, ah ça, ouais, ça te pique, ça te brûle et puis ça suinte. Ça te laisse un goût de fer en bouche. Tu te reprends en pleine face tout tes cauchemars et tes démons qui viennent te rire au nez, te narguer, ils viennent exploser au visage toutes tes illusions, les fracasser sous tes yeux.
Et puis tu brûles.
Tu brûles encore et encore.
Tu brûles depuis ce jour si ce n'est depuis toujours.
Mais tu commences à cramer, Leyth et une fois que tu seras entièrement consumé, ce sera trop tard pour faire marche arrière.
Tu secoues légèrement la tête comme si cela suffisait à chasser tes pensées qui ne deviennent que mélasse écœurante au cœur de ton crâne.  Tu prends une grande inspiration avant de replonger ton regard dans les feuilles que tu tiens, ce sont des notes que tu as prises sur les plantes médicinales, les sortilèges et les potions, des photos et dessins annotés, des procédures et autres informations qui pourraient t'être utiles en tant qu'apprenti-infirmier. Tu te laisses doucement glisser le long de l'arbre mais alors que tu t'apprêtais à fermer les yeux un coup de vent te surprend et emporte tes feuilles avec lui. Tu te lèves brusquement, oubliant les maux qui s'éreintent de ton corps pour tenter de  rattraper tes feuilles, mais si tu arrive à les récupérer, il y en a bien une qui s'éloigne de plus en plus de toi alors tu entames une course, regardant autour de toi pour voir si quelqu'un est là avant d'apercevoir une fille au loin.

« Ah ! … la … la fille là-bas … tu peux  … attraper ... ma feuille s'il te plaît ! »

Tu lui parles si ce n'est plutôt que tu cries en courant, essoufflé, tes jambes commencent déjà à se dérober sous toi.

              mais après tout, tu le cherches, Leyth.  









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Hugo Donovan
ordre de la licorne
Dim 18 Mar - 20:58



Unknown
Hugo Donovan & Leyth H. Walsh

Depuis quelques jours, Aghaistin fêtait la Saint Patrick. Cette fête irlandaise si emblématique donnait une autre saveur à leur scolarité. Quelques élèves profitaient des largesses accordées en cette période pour s’enivrer et tester les bières locales, ou tout simplement de parer de vert et profiter de l’ambiance festive. Tu n’y avais pas participé, tout d’abord car le vert ne t’allait pas au teint. Plus sérieusement, cette couleur tranchait avec ta chevelure bleue et tu n’es pas un adepte des mélanges de couleurs. Et puis tu n’aimes pas festoyer jusqu’à point d’heure. Tu avais bien reçu quelques propositions de la part de tes amis proche, mais aucun n’avait trouvé les arguments convaincants pour te faire changer d’avis. Peut-être d’ici ce soir qui sait ? Tu avais bien bu un peu d’alcool dans le cadre familial mais jamais en dehors. Tu apprendras bien assez vite Hugo en grandissant, ne t’en fais pas pour ça. Chaque chose en son temps.

Pour quitter l’agitation fébrile de l’école, tu as décidé de rejoindre les alentours de Sithmaith pour une balade matinale. Pour profiter du calme et de la solitude. L’air est frais et tu sens la brise dans tes cheveux. C’est agréable et reposant. Tu arrives aux détours de ses ruelles à t’apaiser. À te sentir toi-même, à ne plus être sur la défensive. Un sourire fleuri même sur tes lèvres. Tu n’es plus un élève en cinquième année, plus le métamorphomage. Tu es juste toi, tu es juste une personne lambda dans les rues du petit village sorcier. Libre du regard des autres, libre de tes tourments.

Tu as choisi de quitter le centre-ville et les sentiers battus, au fil de tes envies, au fil de ton inspiration. De la verdure t’entoure. Des arbres, des plantes sur les bas-côtés. Les couleurs se mélangent avec harmonie. Tu regardes de temps en temps les panneaux, à la recherche d’un lieu que tu avais repéré lors de tes précédentes escapades. Un lieu calme, désert et reposant. Tu as envie de ça. Il y a un air de campagne qui te rappelle ta ville natale, tes balades en famille. Tu vois ici et là des végétaux que tu ne connais pas. Tu te dis qu’il faudra être plus attentif à tes cours de botaniques, ou tout simplement demander à ta mère lorsque tu rentreras pour les vacances. Les plantes, elle connaît. Et les journées passées à ses côtés dans sa boutique t’ont apportées quelques connaissances. Tes joues sont rougies par le froid et tu es emmitouflé bien au chaud dans l’écharpe que t’a offert Olivia. Elle commence à s’user, depuis les nombreux hivers. Mais tu ne t’en lasses pas. Tes joues sont rougies par le froid et tu es emmitouflé bien au chaud dans l’écharpe que t’a offert Olivia. Tes dernières semaines ont été mouvementées petites licornes et ce temps que tu prends pour toi ne peux t’apporter que du bon. Il y a un peu de brouillard qui pointe le bout de son nez et ton regard se pose sur le lac à proximité de l’école. Tu arrives même à voir l’école de ta position.

Tu reconnais quelques petits détails qui te montrent que tu es bientôt arrivé à destination. Tu dégages une mèche de cheveux qui a décider de te barrer la vue. Tu pourrais enlever cet épi rebelle juste en te concentrant mais tu n’as pas envie de faire usage de ta magie. Tu y penseras la prochaine fois. Ton champ de vision est alors perturbé par une feuille blanche, tu n’arrives pas à discerner s’il y a des écritures dessus qui se dirige dans ta direction. Et au vu de sa blancheur immaculée, tu peux être certain qu’elle appartient à quelqu’un. Vu l’humidité, elle ne serait pas restée longtemps ainsi. Tu cherches cette personne du regard, courant après le document pour l’attraper.

Tu mets quelques instants à comprendre que la voix que tu entends un peu plus loin s’adresse à toi. C’est rare que l’on t’appelle jeune fille. Très même. Et ce n’est pas surprenant. Le reste du temps, ton apparence est masculine Hugo. Tu ignores qui tu es au fond de toi et pourtant, tu maintiens cette dualité-là. Quand tu sors, quand tu as envie d’être seul. Ta magie fait des merveilles à ce niveau-là. L’illusion est parfaite. Tant pour les autres que pour toi. Une chevelure châtain sombre, un carré lisse qui t’arrive juste en dessous des épaules, des prunelles d’une teinte un peu moins soutenue, une poitrine menue et discrète sous ta chemise et ton pull, un jean basique et des chaussures mixtes. Ton physique à tout d’un être androgyne. Ta taille reste stable, ton poids se fait un peu plus faible. Tes courbes changent, plus douces, moins anguleuses. Tes joues se font un peu plus marquées mais trahissent ta jeunesse, tes quinze années de vie. Et pourtant, tu pourrais jouer sur cet aspect-là, en changeant quelques détails seulement de ton apparence de base, mais tes hanches et le reste de ton corps, malgré l’épais manteau beige qui le recouvre hurle à la féminité. Le vent n’est pas ton allié et tu es obligé de te hisser sur la pointe des pieds pour attraper le papier. Une fois celui-ci en main, tu te décides d’approcher pour la rendre à son propriétaire.

C’est un imprévu dans ta matinée de solitude, dans ta matinée de calme. Le ciel est bleu, le soleil brille malgré le froid. Tu n’avais pas prévu de parler au gens. Tu as opté pour ce physique car il est passe-partout, il n’attire pas l’attention, même au plus profond de l’Irlande. Tu pourrais venir de n’importe quel coin du globe que ton physique se fondrait dans la masse. Tu n’avais pas prévu de parler aux gens, un simple hochement de tête comme guise de salutation.

« Tenez. » Ta voix elle aussi est plus aiguë, quand bien même elle garde quelques intonations qui te sont propres Hugo. Tu l’adaptes selon la situation. L’illusion est vraiment parfaite. Tout le monde s’y tromperait. Même toi, si tu avais un miroir sous la main. « J’espère que les autres sont en sûreté, le vent est fort aujourd’hui. » Tu vois, tu entends plutôt qu’il est essoufflé et tu t’avances un peu plus, n’arrivant pas à discerner autre chose que sa chevelure claire et sa silhouette masculine. Tu abordes un sourire pour faire bonne figure et par politesse.

Tu pâlis un peu lorsque tu reconnais ton interlocuteur. Leyth. L’infirmier qui t’a écouté. L’infirmier qui t’a conseillé. L’infirmier qui t’a aidé. Et qu’il soit qu’apprenti ne change rien au problème. Tu sens l’angoisse monter en toi et tu te forces à garder ton sourire amical de façade. Ce n’était pas prévu. Tu ne devais croiser personne. Personne ne devait te parler. Personne ne doit savoir. Non, personne.
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Leyth H. Walsh
Apprenti Infirmier
Lun 19 Mar - 20:02

" Unknown "
-II-
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― Doug Dillon  


Essoufflé, tu continues de courire malgré tes jambes qui te lâchent, t'abandonnant au fil de ta marche, mais tu te forces, Leyth, tu t'efforces de ravaler ta douleur, ton mal au coeur et le vent qui te transperce pour parvenir à rattraper la brune qui tient à présent dans ses mains ta feuille envolée.
Tu te courbes, te plies, te tords légèrement, dos vouté par l'effort, les main sur tes genoux, tu tentes de reprendre ta respiration. Ce n'est pas bon, Leyth, ce n'est pas bon. C'en devient mauvais. Mais tu oublies tes douleurs et la fatigue qui s'enivrent de ta tête et de ton coeur, à jouer avec le feu, on se brûle, là est le risque que tu prends, Leyth, ironiquement.
Tu absorbes cet oxygène si cher à ton coeur, l'avale à grandes bouffées avant de relever la tête vers la jeune fille lui offrant un visage impavide.

Merci ... Beaucoup, et .... oui ... ça va ... j'ai les autres

Dis-tu en secouant le paquet de feuilles que tu tiens dans ta main que tu t'empresses de ranger dans ton sac sans oublier celle que le vent a emportée. Tu reprends ton souffle qui se calme après les ravages caussés par cette course soudaine pour prendre la parole. Tu retrouves ta voix douce malgré le tiraillement des excès de la veille, les déboires auxquels ton corps s'est épris, des ces plaisirs turbides dont tu te bafres.
C'est ton remède, Leyth, le remède à tes cephalées, à tes maux d'âme, à la réminiscence de l'horreur qui t'éprend avec ardeur une fois que la nuit céruléenne fait son entrée.
Et tu t'y engouffres, Leyth. Tu te laisses sombrer dans ce gouffre.
Mais là n'est pas l'heure aux remontrances, tu ne quittes pas ton sourire qui musse la fatigue et les marques des tes déboires mais une toux vient te mutiler la gorge, te lacérer le fond de ton palais avant que tu ne clignes des yeux, chassant d'un battement de cils cette brume qui obombre ta vue, pour lui offrir un sourire incoercible.

Tu peux me tutoyer, au fait, enfin je ne pense pas être beaucoup plus âgé donc, voilà ... tu es élève à Aghaistin non ?

Tu secoues la tête avant de te reprendre.

Désolé, je ne me suis pas présenté, je m'appelle Leyth et je suis apprenti-infirmier depuis quelques mois

Tu cherches alors dans les décombres de ta mémoire si son visage t'est familier mais aucuns souvenirs ne viennent le confirmer.









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Hugo Donovan
ordre de la licorne
Mer 21 Mar - 11:21



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Hugo Donovan & Leyth H. Walsh

« Ouf, tant mieux. » Tu lui accordes un sourire avant de partir à la recherche d’une bouteille d’eau dans ton sac en voyant sa respiration hachée et laborieuse. Tu te rends compte qu’il ne semble pas très bien. Tu penses que cela est dû à la fraîcheur hivernale, mais tu n’en es point certain. Tu ne le connais pas suffisamment pour savoir. Quand tu t’y attardes un peu plus, tu le trouves aussi pâle et cerné. Et un part de toi culpabilise. La dernière fois, tu l’as tenue éveillé jusqu’à tard, à lui raconter tes tourments. Il devrait se reposer. Ou du moins essayer au moins. Après avoir réalisé bien malgré toi l’inventaire de ton sac, tu sors, victorieux, l’objet de tes recherches et la lui tends. Elle est neuve, tu l’as prise ce matin avant de partir te promener. Il y a aussi quelques sucreries que ta sœur t’a envoyé pour ton anniversaire mais malgré ta gourmandise, le paquet est encore bien plein.

« Tu en as plus besoin que moi. »

Le -tu est revenu assez simplement, malgré le malaise que t’inspiras la situation. Tu sais qui il est, mais lui ne voit qu’en toi qu’une élève d’Aghaistin en vadrouille. Quelqu’un de ton âge est forcément scolarisé là-bas. Et tu ne peux pas dire le contraire ou te faire passer une un cracmol puis que tu as tout à l’heure ranger ta baguette perdue au fond de ton sac dans ton manteau, là où elle devrait être. Et le village dans lequel vous vous trouvez est sorcier. Tu as trouvé l’empreinte de la magie ici et là. Un moldu ne pourrait jamais traverser les barrières de protection, même sur un malentendu. Ton souffle se bloque un instant à la question avant de répondre un oui audible, associé au nom de ton ordre. Tu ne préfères éviter d’être trop précis, ayant vite appris bien malgré toit petit licorne qu’une question entraîne une autre question. Tu conserves ton sourire de façade. Cette discussion va bientôt toucher à sa fin non ?

L’angoisse s’intensifie au fur et à mesure que l’échange perdure. Tu ne veux pas lui mentir Hugo. Tu as toujours ce même réflexe, de jouer avec l’extrémité de ta veste ou de ton pull quand tu n’arrives pas à faire face à une situation. Tes prunelles maintenant de la couleur de l’écorce du bois le fixe, sans pour autant réellement le regarder. Tu regardes un point indéfini derrière lui. Tu pourrais trouver une raison pour t’éclipser, mais tu ne serais alors plus capable de le regarde en face. Et tu ne le souhaites pas. Bien au contraire. Tu as peur de le décevoir, mais tu as surtout peur du jugement. Tu peux faire demi-tour ou continuer ton chemin, lui souhaiter une bonne journée. Et il n’entendrait plus jamais parler de toi. C’est simple, et ça ne demande que peu d’effort. Tu as toujours ce même réflexe, de jouer avec l’extrémité de ta veste ou de ton pull quand tu n’arrives pas à faire face à une situation. Ce n’est pas l’éducation que tu as reçue. Ton cerveau est en train de s’efforcer de trouver une solution. Une solution raisonnable. Mais pour l’instant, tu sens juste une migraine poindre à essayer à la fois de garder ta couverture involontaire intacte, de maintenir le mensonge réaliste. Tu n’es pas la personne que tu sembles être. Tu n’es qu’une inconnue pour lui. Une personne qu’il ne reverra jamais si tu es prudent.

« Enchanté. »

Que la situation est difficile pour toi. Et quand bien même tu arrives encore à lui répondre de manière adaptée, tu as envie de te retransformer. De redevenir Hugo. Physiquement au moins. De ne plus le maintenir dans cette fausse illusion. Ne plus vous maintenir dans cette fausse illusion. Mais ce mensonge est confortable pour toi. Les gens riraient encore plus s’il savait ce que tu faisais. C’est étrange de vouloir changer à ce point-là. C’est étrange de ne vouloir plus être qui l’on est. Ce n’est pas normal. Et pour ta sécurité, tu dois garder cela secret.

Mais est-ce vraiment le problème Hugo ? Même si tu évites les autres élèves, tu arrives à créer un semblant d’échange avec les autres quand ils te croisent sous cette forme-là. Tu restes superficiel mais tu ne sembles pas aussi gêné, aussi mal à l’aise. Tu as bien sûr peur que l’on te découvre, mais le mensonge ne te semble pas aussi amer, aussi douloureux. Avec ce physique, avec ce corps si éloigné de celui que t’a donné la nature, tu te sens en sécurité, serein même. Comme si une part de tes interrogations n’était plus si importantes. Et c’est çà le plus déroutant s’il on y réfléchit.

Tu t’apprêtes à prendre la parole lorsque ton téléphone sonne. Après avoir préalablement sursauté, tu pars à sa recherche, fouillant dans tes poches. Ton visage marque des signes d’affolement. Non pas par ce que Leyth est là, bon, un peu si, mais surtout vis-à-vis du nom qui s’affiche à l’écran. C’était un de tes amis qui voulait sûrement insister pour que tu viennes faire la fête avec eux ce soir. Et quand bien même tu pouvais reprendre ta voix d’origine, le soignant allait tout de suite se rendre compte que quelque chose clochait. Tu te sens néanmoins obligé de répondre, ton attitude serait louche autrement.

Tu retiens ton souffle, écoutant ton interlocuteur, anxieux. « Je t’ai cherché après lors du petit déjeuner Hugo mais te t’ai pas trouvé. Tu avais encore disparu. Ou tu dormais, je ne sais pas. Mais j’crois pas, je ne t’ai pas vu dans ta chambre. Dis, tu ne veux pas venir avec nous ce soir ? Je sais que l’on a insisté pour que tu viennes, mais ce n’est qu’une fois par an ! Il faut en profiter. » Ton regard hurle la panique. Une boule se forme dans ta gorge. Tu espères qu’il n’a rien entendu. Il faut qu’il n’ait rien entendu. Pitié. Les larmes te montent aux yeux. Tu as envie de disparaître. Non, ce n'est pas possible...
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Leyth H. Walsh
Apprenti Infirmier
Lun 26 Mar - 18:28

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-III-
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― Doug Dillon  


Tu le sens, Leyth, n'est-ce pas ? Tes yeux qui brûlent, ta tête prise dans étau de fer, ton corps qui s'affaisse, tout en toi dégringole et s'amasse pour ne former qu'une mélasse épaisse et gluante. Tu n'es pas aussi fort que tu le laisses paraître, tu n'es pas aussi lisse que tu aimerais, tu n'es pas inébranlable et encore moins impassible, tu n'es pas ce que l'on croit.
Tout le monde a ses secrets, ces choses qu'on ne révèle pas, que l'on ne dévoile pas et que l'on garde précieusement par peur d'être découvert.
Le monde est cachottier. Il chuchote, il murmure, pose une main au coin de sa bouche avant de délivrer au creux d'une oreille quelques secrets qu'il garde mais surtout «  ne dit rien à personne ». D'une promesse et de la confiance, naissent des vérités insoupçonnées.
Les mensonges squalides salissent les bouches, empoisonnent les lèvres, et il faut dire, ils sont dangereux, les mensonges, ils s'accumulent avant d'éclater, exposant violemment ce qui est tu.
Et toi comme le monde Leyth, tu musses les ombres qui te noircissent, ce qui fait tâche en toi, les dérives et ta débauche, les bavures et coulures que tu ne sais essuyer. Tu en as honte, terriblement honte mais tu es en proie à des cauchemars, à des souvenirs qui te poursuivent et te tournent autour, te détournent du sentier, ça revient sans cesse et ça te hante, encore et encore. Et t'es là, Leyth, à pas savoir quoi faire si ce n'est que revivre la même scène dans le théâtre de la réminiscence.
Et parfois ça brûle.
Et parfois tu crames.
Les flammes érubescentes t'embrasent, c'est un amas de cendre, de fumée toxique, de chaleur, de cris, d'effroi et de peur. Tout devient décombres dans ce lieu devenu abiotique et tu contemples ce spectacle sordide avec cette même impuissance qui te révulse. Ce sont des hallucinations qui te parviennent en pleine figure, qui s'imposent à toi, et t'en as peur, Leyth, ça te paralyse, te traumatise alors tu fuis quand enfin tu le peux, tu veux oublier, tu te réfugies dans des déboires malsains qui te font pourtant du bien, l'espace d'un instant évanescent.
Mais c'est ironique.
Culpabilité et honte te prennent à la gorge te criant d'arrêter, d'arrêter ce carnage invisible car même si les ravages ne se voient pas, l'intérieur, lui, s'oxyde sous l'alcool et se corrode sous le sel. Ça s'enfume et ça se brouille. Mais plus que tout, comment peut-tu vouloir soigner les autres si toi-même tu ne sais que déchiqueter ta santé déjà fragile ?
Parfois, tu te dis que tu n'as pas le droit d'être apprenti-infirmier, et pourtant, tu as cette volonté incommensurable d'aider les autres, cette munificence immarcescible qui est ton essence même.
Mais pour l'heure, ton corps parle pour toi, Leyth, les pupilles dilatées, ce sont des céphalées et la fatigue qui s'éprennent de ton corps, tu sursautes légèrement quand le portable de la jeune fille sonne avant de lui sourire, accompagné d'un signe de tête pour l'inciter à répondre.
Tu te décales un peu pour lui laisser une certaine intimité, pas comme si ses conversations te regardaient, alors tu attends, les yeux livides et le regard dans le vide, tentant de reprendre un souffle qui se refuse à toi, tentant d'adoucir tes maux de tête et de trouver une énergie vaine. Tu prends alors conscience du silence qui plane, un silence qui ne semble pas avoir sa place, tu te détournes avant de t’apercevoir que la fille a raccroché avant même d'avoir répondu. Mais quelque chose attire d'avantage encore ton attention, ses yeux, luisants d'une humidité retenue.
Dans ta bienveillance naturelle, tu te rapproches pour t’enquérir doucement de la situation, ne sachant quoi faire ni quoi dire à une inconnue, la seule certitude est que tu ne peux pas ignorer les tourments que tu vois danser dans ses yeux et au cœur d'un sourire que tu avais remarqué crispé.

 « Hey ! Ça ne va pas ? Il y a un problème ? … Mh … je -  sais qu'on ne se connaît pas mais, je peux peut-être t'aider ?









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Hugo Donovan
ordre de la licorne
Sam 31 Mar - 14:34



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Hugo Donovan & Leyth H. Walsh

Tes pupilles se dilatent légèrement lorsqu’il te demande s’il y a un souci. Il n’a rien entendu. Ton secret n’est pas percé à jour Hugo. Mais ce n’est qu’une question de temps, une éternelle histoire de temps petite licorne. Mais l'élément primordial n’est pas là. Est-ce que tu réussiras à lui mentir encore longtemps ? Tu réussis à sauver les apparences, c’est peu dire, avec d’autres quand bien même la culpabilité étreint ton cœur. Le mensonge te brûle les lèvres comme de l’acide dissout la vie et l’illusion dans laquelle tu t’es plongé, l’illusion dans laquelle tu te caches ne semble tenir qu’à un fil. Ta concentration vacille, mais ton image, elle, reste indélébile. Même sous le coup des émotions, tu ne reprends pas ta forme de naissance. Tu as passé un cap, un cap que tu n’avais cherché à atteindre, comme un effet secondaire, comme un imprévu qui te trouble. Comme si ton organisme cherchait à te faire passer un message lui aussi. Si jamais tu apprenais à écouter ton corps, mais surtout ton cœur, tout serait plus simple pour toi. Tu serais plus heureux et tu profiterais de la vie.

«Non. Ça va aller ce n’est rien de grave.»

Ton souffle se calme et les battements de ton cœur reprennent un rythme ordonné. Du moins, il te semble. La brise autour de vous souffle toujours et un chat s’est approché, vous regardant avec défiance avant de s’enfuir sans un mot. Comme si la magie qui t’entourait l’effrayait ou le troublait. Tu apprécies les animaux, mais tu remarques aussi que ceux-ci semblent mal à l’aise en ta présence lorsque tu te transformes trop longtemps. Eàn a pris lui l’habitude de prendre l’air qu’importe la forme de son maître. Il n’est pas sauvage pour ça et suivrait presque n’importe quel sorcier sans se poser de questions, revenant toujours à repérer la tignasse bleu de son propriétaire.

« Est-ce que tu es prêt à me faire confiance Leyth ? Ne cherche pas à savoir qui je suis. S’il te plaît.»

Tes iris aux teintés chocolatées le fixe. Et même si tes mains se crispent à ton mobile que tu n’as toujours pas rangé. Ce même mobile qui vibre de nouveau dans ta main. Tu sais que tu n’arriveras pas à tourner les talons, à saluer l’apprenti infirmier et à partir comme si de rien de n’était. Tu ne peux pas. Tes pieds semblent collés au sol, comme si ta conscience refusait que tu le laisses ainsi. Sans un mot, sans une explication. Juste avec le silence et l’étrangeté de votre rencontre. Tu te doutes qu’il cherchera à savoir qui tu es, ou à te retrouver. Et il ne trouverait rien, car avec cette apparence, tu n'es personne. Tu ignores si ce scénario est crédible ou si ton esprit un peu troublé fait le reste. C’est fort probable. Ta magie invisible, si dépendante de tes émotions perçoit les changements, même les plus infimes. Ton âme qui se délie, l’angoisse qui prend petit à petit possession de ton être. Avant que les autres capteurs biologiques le remarquent. Que ton souffle s’accélère, que tes mains tremblent. Des changements commencent à avoir lieu. Tes hanches reprennent leur forme d’origine, ta poitrine se fait moins marquées, tes cheveux eux, ne se transforme pas encore. L’enchantement s’efface peu à peu. Tu perds sans t’en rendre compte le contrôle de ta magie.

Les notes, elles, continuent de s'égrener, indifférentes. Mais cette fois-ci, ce n’est un appel auquel tu aimerais raccrocher, mais une discussion que tu aimerais éviter. Tu as peur de son jugement, tu as peur de sa réaction, car tu as appris à lui faire confiance Hugo. Tu as pris le risque de lui faire confiance et tu ne veux pas la perdre. Tu as encore besoin qu’il t’écoute, dans ta vaine quête de donner un sens à ta magie.
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Leyth H. Walsh
Apprenti Infirmier
Mer 9 Mai - 11:37

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― Doug Dillon  


Tu la regardes, dubitatif, jaugeant d'un regard le sien, sa voix, son visage où tu vois bien que les tourments ne cesse de s'éprendre de la jeune fille, pas besoin qu'elle ne parle d'avantage, tu sais , Leyth, comme toujours, comme à chaque fois, rien que d'un regard qualifié de lourd et pesant par certains, si ce n'est dérangeant, tu sais voir au travers des mots. Tu ne regardes pas les autres, tu les contemples, tu les observes, bien plus que tu ne le devrais, certainement, alors par respect pour l'inconnue, tu détournes ton regard, ne cherchant pas d'avantage d'explications sur la dite discussion.
Ton regard se pose sur un chat laissant immédiatement un sourire naître sur ton visage, un sourire doux, les iris fragmentés en de multiples étincelles, un regard d'enfant, un de ces regards capables de s'illuminer de bonheur pour la plus infime des choses. Alors tu t’accroupis, doucement, lentement, pour ne pas qu'il ait peur, pas de gestes brusques, tu as l'habitude, et il faut le dire, tu sais y faire, mais cette fois, pour une raison qui t'échappe, le chat se sauve, sans un regard vers toi, il s'en va, prenant peur d'une de ces choses qui semblent invisibles même pour les sorciers. Une légère moue défigure ton sourire avant que tes yeux océans ne se retrouvent happés par ceux de la jeune fille dont le regard ne t'es pas inconnu, et tu ne tarderas pas à savoir pourquoi. Ses mots ne sont pas anodins, ils attisent une curiosité normale, qu'a t-elle de particulier ? Pourquoi ne veut-elle pas te dire qui elle est ? Bien sûr, tu comptes respecter son choix, lui accordant ta confiance, mais ton regard parle pour toi, il l'interroge et pire encore, la sonde, transperce la barrière de ses cils, de ses pupilles pour voir plus loin, bien plus loin, et peut-être trop loin. Tu te relèves, acquiesçant d'un air entendu mais avant même qu'un son ne sorte de ta bouche, tu perçois la magie qui émane de la jeune fille et vois cette dernière se délivrer du contrôle du jeune homme que tu reconnais bien, Hugo.
Le contrôle trop dur à garder, la magie trop forte à contenir, la puissance et l'impuissance qui se mêlent et se confrontent, se font face laissant l'être subir, se voir perdre, obligé de lâcher prise, de s'avouer vaincu, bien plus tôt qu'il ne l'aurait sans doute voulu. Rien n'est inébranlable, et parfois on perd, on perd pieds aussi, notre main se referme sur du vide, notre corps s'écroule, et nous sommes forcés de nous incliner malgré la soif de contrôle qui nous assèche. Mais tu ne dis rien, tu attends, le visage neutre et serein, sans une once de surprise, comme s'y finalement, tu t'y attendais. Pour toi, ce n'est pas une malédiction, c'est un don, un réel don, de ceux grandioses et formidables qu''il ne faut s'obstiner à dompter, il y a cette part d'inattendu, de possibilités infinies qui en font quelque chose de fascinant. Parce que c'est ça pour toi, Leyth, fascinant. Et ce n'est que quand Hugo a repris son apparence originelle que tu lui offres un sourire bienveillant et rassurant. Tu vois dans ses yeux danser la peur et l'angoisse certainement, de ce qu'il t'a dit, c'est ce que tu penses, peut-être de la honte et de la culpabilité mais toi, tu lui souris, comme si c'était normal, que rien n'était arrivé, tu veux qu'il comprenne qu'il n'y a rien d'étrange, que non, ce n'est pas bizarre et surtout, surtout, qu'il accepte. Qu'il accepte de ne pas pouvoir le contrôler, qu'il accepte d'être ce qu'il est parce qu'un être n'est pas défini par sa forme mais bien par quelque chose d'intouchable, d'impalpable, qui se ressent et non pas qui se sent sous les doigts. Parfois, il faut accepter que tout n'a pas un sens ni un but.

Tu sais … je suis vraiment fasciné par ce que ton don te permet de faire, qu'importe si tu ne sais pas vraiment quoi en faire, rien ne t'oblige à savoir quoi en faire, il te suffit juste de l'utiliser comme et quand tu en as envie …. comme pour aujourd'hui

Adossé à un arbre, tu regardais le ciel mais à présent, tu reposes ton regard sur lui, un léger sourire, un de ces sourires en coin, ceux qui disent qu'ils savent.

Tu n'as d'ailleurs pas à t'inquiéter, je ne trouve pas ça bizarre, dégoûtant ou n'importe quoi d'autre …. je ne t'en veux pas non plus

Tu hoches la tête pour appuyer tes propos mais ton sourire s'efface doucement, sans t'en rendre compte tes traits se crispent, ils se froissent, se déchirent, tout comme ton crâne qui s'éprend de maux atroces, ceux qui t'enserrent dans leurs étaux de fer. A ce moment là, tu as honte, Leyth, honte parce qu'Hugo te vois comme ça, t'as vu comme ça, peut être a tu bien réussi à cacher ton état minable, peut être a t-il rien vu, mais tu as peur. C'est la peur de ne pas être à la hauteur, d'être vu comme incompétent, inapte, un apprenti-infirmier qui se laisse aller à la débauche, se perdre dans des déboires sans fin, au coeur des ombres, à l'abri des regards, que peux-tu alors apporter ? Mais surtout, de quel droit te permets-tu d'aider ? Ces questionnements sans fin bourdonnent, tu prends conscience avec effroi de ton état lamentable, des excès de la veille, ces vaines tentatives de noyer ce qui te ronge jusqu'à tes entrailles.
Le visage pâle, les yeux livides, tu as la soudaine impression de brûler, de brûler au coeur des flammes, de brûler sous le regard d'Hugo qui se fait feu.

Reprends-toi, Leyth, reprends-toi

Et pourtant, tu sembles rester impassible, le corps inébranlable, tu ne te tords pas, ne cédant pas à la douleur que tu ne saurais dire si elle est réelle ou simple trace de ton passé, corps enchaîné à ce jour, mais tu la subis, tout comme ta peur, ton angoisse que tu tentes de refouler. Ce sont des éclats de ton âme, des cauchemars, des tortures qui te reviennent en pleine face, seuls tes yeux et ton visage semblent te trahir, parce que oui, tu y mets corps et âme pour ne rien laisser paraître. Mais tu as envie de fuir, de courir loin, de te cacher loin, de disparaître dans les tréfonds de la Terre pour ne pas avoir à lui montrer comment tu peux être : un lâche – et pourtant, ne serait-ce pas aussi lâche ? -

Respire, Leyth, respire

Tu as l'impression que ton corps se raidit, que tu es comme ancré dans le sol, tu aimerais articuler un pardon, prétexter que tu es malade, ce qui est vrai, tu es malade Leyth, tout le temps, mais ton corps t'échappe, tout s'effrite et sans te prévenir, il s'effondre, tombe bas, bien bas, pour que tu bouffes la terre et l'herbe, minable.
Tu n'es qu'un pantin au théâtre de tes horreurs passées mais te voilà bien trop épuisé, bien trop abîmé alors en même temps que tu t'écroules, tu perds en même temps conscience, t'offrant à tes propres cauchemars, t'offrant tout entier à tes abîmes animées de démons.









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